Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
JOURS ÉTRANGES
+ SO SCHNELL
Chapeau : Les danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève dirigé par Philippe Cohen, ex-danseur de Bagouet, ont repris à l’identique deux de ses oeuvres,
Jours étranges et
So Schnell.
Date : MAR 27 MER 28 JANVIER / 20 H 30
Source : Le-Maillon (
http://www.le-maillon.com)
Genre Agenda : danse
Rubrique : 2008-2009
Dominique Bagouet chorégraphe
BALLET DU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE ballet
bagouet2bf512k_stream001.flv ()
bagouet_2.jpg ()
bagouet_3.jpg ()
bagouet_4.jpg ()
bagouet_5.jpg ()
bagouet_6.jpg ()
bagouet_7.jpg ()
bagouet_8.jpg ()
bagouet_9.jpg ()
bagouet_10.jpg ()
bagouet.jpg ()
bagouet_artishoc.jpg ()
bagouet_focus.jpg ()
bagouet_une.jpg ()
bagouet_presse_liberation.pdf ()
dossier_sur_le_spectacle_bagouet.pdf ()
bagouet_1.jpg (titre : bagouet_ / )
du 27/01/2009 20:30 au 27/01/2009 20:30
Salle : TNS / SALLE KOLTÈS
1 Avenue de la Marseillaise
03 88 24 88 24
Strasbourg 67000 France (Est)
du 28/01/2009 20:30 au 28/01/2009 20:30
Salle : TNS / SALLE KOLTÈS
1 Avenue de la Marseillaise
03 88 24 88 24
Strasbourg 67000 France (Est)
Texte : CHORÉGRAPHIE DOMINIQUE BAGOUETPAR LE BALLET DU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVEEnfant prodige, Dominique Bagouet a appris la danse auprès de Balanchine, Maurice Béjart ou Merce Cunningham ; en 1979, il revient en France pour monter sa première création qui remporte le premier prix du concours de Bagnolet. À partir de cette première reconnaissance, Dominique Bagouet devient une référence et, en 1980, il est le directeur-fondateur du Centre Chorégraphique de Montpellier. En 1992, il disparaît, prématurément, laissant derrière lui d’innovantes chorégraphies, élégantes et structurées.
Les danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève dirigé par Philippe Cohen, ex-danseur de Bagouet, ont repris à l’identique deux de ses oeuvres,
Jours étranges et
So Schnell. La première, en plongeant dans les souvenirs personnels du chorégraphe sur une musique des Doors, nous offre l’univers de l’âge des possibles. Dans une énergie volontairement désordonnée, les danseurs grimacent et s’amusent, évoquant leurs états d’âme autant que la liberté des jeux d’adolescent.
En contrepoint,
So Schnell, la seconde pièce, contraste par la précision chorégraphique et la richesse de son vocabulaire scénographique, en référence au Pop Art et au peintre Roy Lichtenstein. Sur une cantate de Bach cette fois, douze danseurs en pantalon ou jupette, tee-shirts et basket de couleurs vives, déferlent sur le plateau pour exprimer que danser est une joie contagieuse et subversive.
Mots-clés : Jours étranges, So Schnell, Dominique Bagouet, Ballet du Grand Théâtre de Genève, Doors, Strange Days, adolescents, Centre Chorégraphique de Montpellier
Inséré le : 16/07/2008 16:08
BIOGRAPHIES
Dominique BagouetNé le 9 juillet 1951 à Angoulême, Dominique Bagouet reçoit à Cannes une formation classique dans l’école de Rosella Hightower, avant d’obtenir ses premiers engagements au Ballet du Grand Théâtre de Genève dirigé par Alfonso Cata. Il passe une audition chez Félix Blaska, puis va chez Maurice Béjart à Bruxelles. En quête de nouveauté, il participe à l'atelier que Carolyn Carlson ouvre à l'Opéra de Paris, fait partie de Chandra, groupe autonome d'anciens de Mudra.
Dès 1974, il reçoit l’enseignement intensif de Carolyn Carlson, de Peter Goss et part aux États-Unis. Il choisit de travailler avec Jennifer Muller et Lar Lubovitch. A New York, il prend les cours de danse classique de Maggie Black.
Il rentre en France en 1976, travaille sa première chorégraphie dans l’optique du concours de Bagnolet : c’est
Chansons de nuit qui obtient le premier prix André-Philippe. Hersin, alors programmateur de la danse au Festival d’Avignon, l’invite et c’est la création de
Endenich. Il fonde sa compagnie, créé
Ribatz, Ribatz ! puis
Snark. Il est Lauréat de la Fondation de la vocation en 1977.
Suite pour violes (1977) met en place une danse très soucieuse de structure, avant sa première longue pièce,
Voyage organisé (en octobre à Créteil). Les pièces s’enchaînent rapidement entre 1978 et 1979 :
Passages pour la compagnie des Ballets de Lorraine à Nancy,
Tartines à La Rochelle,
Sur des herbes lointaines, conférence avec les danseurs de la compagnie, puis
Les Gens de... ,
Danses blanches et
Sous la blafarde.
En 1980, il est invité à créer le Centre Chorégraphique Régional de Montpellier. Après
Une danse blanche avec Éliane,
grand corridor pose discrètement les bases de « l’écriture bagouetienne ». En 1981, il part à Paris créer
Les Voyageurs pour le Groupe de Recherches Chorégraphiques de l’Opéra de Paris. Il prend la direction artistique du premier Festival International Montpellier Danse, y présente la pièce la plus longue qu’il ait jamais écrite,
Toboggan. Dans cette voie, il crée
Insaisies (1982).
En février 1983, il crée
F. et Stein, en Avignon. Il découvre la vidéo en compagnie du réalisateur lyonnais Charles Picq, avec lequel il va réaliser
Tant mieux, tant mieux ! .
Pour une Valse des fleurs (1983), il compose, dans les jardins du
Champ de Mars une fantaisie pour crinolines fluorescentes. Lesquelles réapparaissent quelques mois plus tard dans
Grande maison. En 1984, la compagnie Bagouet devient Centre Chorégraphique National.
Déserts d’amour est créé au Théâtre Grammont, lors du Festival International Montpellier Danse.
Déserts d’amour marque ce moment où
Dominique Bagouet abandonne une certaine imagerie et aborde la danse comme un art exclusif d’écriture, une rigueur mathématique s’autorisant un certain lyrisme. Assisté d’Alain Neddam, il signe sa première mise en scène théâtrale,
Mes Amis (1985) d’Emmanuel Bove, au TNP de Villeurbanne. Après Fêtes champêtres, Suite d’un goût étranger,
Divertissement 138 et
Le Crawl de Lucien, il crée pour le Ballet de l’Opéra de Paris
Fantasia semplice – c’est la première fois qu’un jeune chorégraphe de la nouvelle génération a les honneurs de l’Opéra.
Assaï (1986) est présenté à l’Opéra de Lyon dans le cadre de la deuxième Biennale Internationale de la Danse, tandis que la création musicale de Pascal Dusapin est interprétée par les soixante et un musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Montpellier.
Le Saut de l’ange (1987) qu’il conçoit avec Christian Boltanski pour l’ouverture du septième Festival International Montpellier Danse, a peut-être véritablement amorcé les pratiques de collaboration artistique en France. Il est nommé Chevalier des Arts et des Lettres en 1988. En 1989, suit
Meublé sommairement. Il reçoit le Grand Prix National de la Danse en 1989. En 1990,
Courts et moyens métrages, est présenté à l’occasion des dix ans d’implantation de la compagnie à Montpellier et de la dixième édition du Festival International Montpellier Danse, avant
Jours étranges (juillet 1990). En décembre,
So schnell est créé à l’occasion de l’inauguration, pour la danse, du nouvel Opéra Berlioz au Corum à Montpellier.
Necesito, pièce pour Grenade est créé dans les jardins de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon pour le Festival d’Avignon 1991. Le 9 décembre 1992, Dominique Bagouet disparaît.
D’après une notice de Laurent BarréBallet du Grand Théâtre de GenèveAu début du XXe siècle, les plus grandes troupes de ballet sont invitées sur la scène du théâtre de Neuve, notamment Isadora Duncan ou Nijinski avec les Ballets russes. Ce n'est qu'à sa réouverture, en 1962, que le Grand Théâtre se dote de sa propre compagnie de ballet. Sa direction a été confiée successivement à Janine Charrat, Serge Golovine, Patricia Neary, Peter van Dyck, Oscar Araiz, Gradimir Pankov, François Passard et Giorgio Mancini. Dès sa naissance,
cette compagnie s'est employée à explorer la pluralité stylistique de la danse au XXe siècle, ce qui l'a amenée à travailler avec des artistes réputés comme George Balanchine (qui en fut conseiller artistique de 1970 à 1978), Mikhaïl Baryshnikov, Rudolf Noureïev, Jiri Kylian, Ohad Naharin, William Forsythe ou Lucinda Childs. En 2003, Jean-Marie Blanchard, nouveau directeur général du Grand Théâtre de Genève depuis 2001, nomme Philippe Cohen à la direction du Ballet. Depuis son entrée en fonctions, Philippe Cohen découvre de nouveaux chorégraphes tels
que Andonis Foniadakis, Sidi Larbi Cherkaoui, Gilles Jobin ou Benjamin Millepied, à qui il donne carte blanche pour leurs créations et continue à enrichir le répertoire avec des chorégraphes de renom tels que Carolyn Carlson, Lucinda Childs, Jerome Robbins, Saburo Teshigawara ou Nacho Duato.
Aujourd'hui, le Ballet du Grand Théâtre comprend 22 danseurs de diverses nationalités. De formation classique, ils sont tous capables d'interpréter des chorégraphies néo-classiques et contemporaines. Chaque saison, ils proposent généralement deux nouvelles créations, des reprises de pièces de leur répertoire, des tournées, des animations scolaires et des ateliers chorégraphiques.
CAtPAYS
DANSE / SUISSE
DAte
27 > 28 JANV
DISTRIBUTION
Chorégraphie
Dominique BagouetPar
Le Ballet du Grand Théâtre de GenèveSo schnellMusique
Jean-Sébastien BachCompositeur électro-acoustique
Laurent GachetResponsable artistique
Olivia GrandvilleAssistants
Sylvie Giron, Jean-Charles di ZazzoScénographie
Christine Le MoigneCostumes
Dominique FabrègueLumière
Manuel BernardJours EtrangesMusique
The Doors extraits de
Strange DaysResponsable artistique
Olivia GrandvilleAssistants
Sylvie Giron, Jean-Charles di ZazzoLumière
Serge DéesBallet du Grand Théâtre de Genève
Directeur général
Jean-Marie BlanchardDirecteur du Ballet
Philippe CohenPartenaire du Ballet du Grand Théâtre
UBSAvec l’accord des
Carnets Bagouet
A PROPOS
«Question de style(s)»
Philippe Cohen, Directeur du Ballet
Mai 2005Un style suppose une forme reconnaissable, donc imitable. Le style se définit-il par la manière, la forme, l’interprète, l’ornement ?
Engagé depuis deux ans dans une dynamique de création, le Ballet du Grand Théâtre de Genève se veut aussi porteur d’une réflexion sur le répertoire contemporain et les problématiques de sa transmission.
En permettant aux danseurs de Genève d’interpréter deux pièces emblématiques de Dominique Bagouet,
Jours étranges et
So Schnell, c’est l’occasion de porter un regard sur deux oeuvres que tout semble séparer au niveau du style mais qui portent en elles le sens brillant de la composition et l’inventivité du vocabulaire de Bagouet.
C’est aussi pour les interprètes l’occasion de savoir dépasser l’apparence achevée de ces deux pièces pour redonner vie au mouvement intérieur qui les a suscitées et faire partager la transgression par laquelle le chorégraphe rompt l’équilibre des conventions pour dire quelque chose qui n’est que de lui.
Plus de quinze ans après leur création, le Ballet du Grand Théâtre de Genève a décidé d’inscrire à son répertoire
Jours étranges et
So Schnell non pas pour s’identifier au chorégraphe, mais pour habiter ses oeuvres de l’intérieur sans peur de les déformer et assumer pleinement une subjectivité sans concession.
Jours étranges
Dominique Bagouet, programme de la Compagnie Bagouet, juillet 1990En 1967, Maria, une jeune Américaine, élève comme moi au Centre International de Danse de Rosella Hightower, ramenait dans ses bagages de vacances familiales le tout nouveau et deuxième album d’un groupe alors presque inconnu en France, The Doors. Je me souviens de ces soirées à tendance « beatnik » bercées par la voix chaude de Jim Morrison, le climat de ces « strange days » correspondait parfaitement au désarroi de notre adolescence qui cherchait alors, dans ce qui est devenu une sorte de mythologie, ses propres valeurs et vivait aussi d'obscurs désirs mal définis de révolte contre les normes et les codes établis. En réécoutant ce disque il y a quelques mois, je me suis senti prêt à affronter cette page de mon passé ; peut-être parce qu’elle est devenue déjà un peu floue et qu’ainsi cette musique, pour laquelle finalement je n’ai que peu d’opinions sinon qu’affectivement elle me bouleverse à chaque fois, me permet de renouer avec un état qui n’est pas si éloigné de celui d’aujourd’hui où la remise en question, la quête d’aventures, se heurtent encore à de nouvelles conventions, des systèmes qui redeviennent pesants et qu’il semble urgent de secouer. Alors avec cette pièce, disons qu’on essaie donc de commencer à « secouer ».
So schnell (version 1992)
Dominique Bagouet, août 1992Lorsque m’a été confiée la mission d’inaugurer pour la danse le plateau du nouvel Opéra Berlioz à Montpellier, j’ai pensé à une chorégraphie d’abord inspirée par ce nouvel espace, vaste et encore « innocent », moins intimiste que nos territoires habituels. Il m’a suggéré une écriture large et plus offensive pour une équipe importante de danseurs. Ainsi j’ai enfin osé m’attaquer à cette cantate bwv 26 de Jean-Sébastien Bach enregistrée dans une version chère à mon coeur depuis longtemps et que je réservais à ce type d’occasion presque festive. Toujours guidé par le charme de ce grand tissu d’espace, porteur de lignes, de points et de contrepoints, j’ai voulu insérer entre chaque mouvement de la partition classique des jeux sonores provenant de machines industrielles de bonneterie. Laurent Gachet a capté, mixé et arrangé ces rythmes et ces sons directement liés à mon enfance puisque mes grand-père, père et frère ont tour à tour dirigé une petite entreprise textile accolée à la maison familiale. Partant de ces sons en deux dimensions, j’ai préparé des pages de trames précises de construction chorégraphique, au service d’un vocabulaire sans scrupules d’esthétisme mais soucieux d’énergie et d’exploration souvent individuelle pour les interprètes.
D’autre part, j’ai demandé à Christine Le Moigne pour le décor et à Dominique Fabrègue pour les costumes de travailler à partir du mouvement de peinture « pop art » - en particulier des recherches de Roy Lichtenstein – en insistant sur les idées de trames, de couleurs radicales et d’un certain humour. Depuis, les données ont changé. Après avoir créé une autre pièce avec moi (Necesito), une partie de la compagnie s’est lancée dans un travail avec Trisha Brown, de nouveaux visages sont arrivés qui sont autant d’influences nouvelles et la scénographie de la pièce a évolué, s’est ouverte, se prêtant mieux ainsi à la perspective des tournées. Une autre version est donc née qui bénéficie d’un regard nouveau posé sur la précédente. La construction générale de la pièce a peu changé mais ce territoire maintenant connu semble m’autoriser plus d’audaces en liaison avec les qualités personnelles de chaque interprète, le rééquilibrage des rôles permettant une motivation et une connivence plus grande entre les partenaires. J’ai ajouté sous la forme d’un prologue, un duo féminin dansé dans le silence dont l’intensité d’interprétation se devrait de ressembler au calme avant l’orage.
Orage comme rage qui d’abord éclate aux sons de métiers à tricoter mécaniques et finit par s’exprimer aussi avec cette cantate si dynamique, si dansante qui dit l’insouciance, tout en assenant son chant moraliste et censeur. C’est un peu comme si ces textes religieux pleins de fatalisme puritain me servaient de réactifs. Dans cette version de
So schnell j’ai sans doute insisté plus encore sur l’expression d’une énergie contraire à tout prix, qui s’opposerait
au temps, ferait vibrer les sens, dirait la joie presque subversive de danser sans donner prise, le moins du monde au fatal. Pour renforcer cette idée de jeu, d’énergie têtue, j’ai pour la première fois puisé dans mon répertoire dont certaines danses ainsi revisitées et citées, deviennent des sortes de rengaines, chansons. Ce sont elles qui portent ce sentiment de fausse insouciance derrière lequel se cache la peur, la danse devenant alors une fuite rapide –
So
schnell, si vite – qui ne veut pas finir. Elle finira bien sûr, mais qu’avant cela au moins l’espace soit envahi de forces qui laissent quelques traces. C’est de cela que parle aussi le décor : une trame précise, un dessin aux contours nets comme pour défier une mémoire fragile par la force du trait.
PRESSE
«Bagouet remonté», Libération, Dominique Vernay, 2 avril 2007Pour obtenir le dossier sur les spectacles So Schnell et Jours étranges, cliquez ici
Ballet du Grand Théâtre de Genève -
http://www.geneveopera.ch
Thèmes : danse contemporaine,